La Technique Alexander - Regardons d’un peu plus près

 

Les Mécanismes du bien-être

Rien n'échappe à la force de gravité. Ainsi, les principes physiques et mécaniques sur lesquels travaillent les physiciens et les ingénieurs et qui gouvernent le soutien, l'équilibre, l'organisation et le mouvement de tout objet s'appliquent également à notre corps. Cependant, les "objets" vivants, comme les animaux et les êtres humains ne se contentent pas de subir passivement ces forces. Sur des millions d'années ils ont développé des moyens d'exploiter et d'utiliser ces forces dans leur propre intérêt: pour se tenir debout sans difficulté, pour coordonner les différentes parties du corps, s'équilibrer et se mouvoir aisément. Le résultat de cette évolution est ce qu'on pourrait appeler un fonctionnement naturel optimal: un équilibre dynamique, une constante interaction entre le corps et la planète. Le corps ne vit pas dans une bulle, il y a une interrelation nécessaire entre nous et le monde « extérieur ». Tous nos mécanismes de base et notre équipement sensoriel ont pour but, non seulement de faire en sorte qu’en tant qu’objet nous ayons une mobilité satisfaisante et que nous ne tombions pas, mais également d'optimiser notre façon "d'être au monde" , d'abord pour survivre, mais au-delà, pour ressentir le pur plaisir d'être vivants (pensez à la capacité d’exultation des chiens, par exemple). Quand nous parlons du fonctionnement naturel de notre corps, nous parlons en fait de nous dans notre totalité, de notre manière d'être au monde.

En général, les très jeunes enfants sont un bon exemple de ce fonctionnement naturel et nous montrent très clairement ses avantages. Nous pouvons voir leur interaction avec le monde qui les entoure ainsi que leur vivacité sensorielle, leur grâce (c’est à dire leur coordination) et leur énergie spontanée – en un mot, leur bien-être. Au cours de cette phase, notre organisme est intégré, il vit ici et maintenant, il fonctionne comme un tout.

Le problème

Si pour quelque raison nous perdons cet état, notre perception de notre intégrité et de notre interaction constante avec notre environnement commence à disparaître. Selon Alexander, "nous nous trompons de route". Privé de cette simple harmonie, l'organisme est contraint de faire quelque chose pour compenser. Cela se produit pour presque chacun d’entre nous et pour une quantité de raisons telle qu'il serait trop long de le développer ici, mais nous pouvons tous constater que les enfants perdent très jeunes leur coordination naturelle et combien, souvent, est désastreuse leur posture au moment de l’adolescence. Ainsi nos mécanismes innés sont perdus, et d'autres moyens de soutenir notre poids, d'être équilibrés ou de nous mouvoir commencent à se développer. Ces adaptations apparaissent à notre insu car elles se forment inconsciemment et finissent par devenir des habitudes, telles qu'elles nous semblent naturelles, normales, confortables, justes.

Mais le fait est que la gravitation a raison de nous. La vie devient plus difficile et littéralement commence à nous abattre. Nous nous voûtons ou nous nous raidissons, nous nous fatiguons plus vite. Nos efforts pour remédier au problème, n'étant pas naturels, ne nous aident pas, au contraire. Si nous persistons en ce sens encore quelques années (souvenons-nous que cela se produit à un niveau inconscient) notre manière "d'être au monde" va devenir assez distordue et des symptômes vont apparaître, comme surgis de nulle part : problèmes posturaux, maux de tête, douleurs de cou ou de dos, tensions des épaules, sciatique, problèmes respiratoires ou difficultés vocales et bien d'autres désagréments. Nous avons alors le sentiment que notre corps nous laisse tomber, n'avons plus confiance en lui et commençons à chercher des solutions externes. Nous ne réalisons pas que nous avons lentement créé cette situation nous-mêmes.

La Solution

Graham Fox, dans un article paru sur le site web de l’Association Française des Professeurs de la Technique Alexander, dit: "La Technique Alexander est un travail sur le comportement postural, c'est-à-dire la posture entendue dans un sens large et dynamique, comprenant nos attitudes, nos idées préconçues, nos automatismes mentaux et nos schémas de réaction, qui sont inséparables de notre posture physique et de notre manière d’être et de nous mouvoir". Il est aisé de comprendre que, si notre organisme agit toujours comme un tout unique, tout ce qui se passe dans un domaine se reflètera dans tous les autres. Nous découvrons, en Technique Alexander, que le travail pour libérer le corps de ses entraves, pour rendre sa vraie nature, implique nécessairement de travailler notre être dans sa totalité. Alexander nous signale que, loin d’être simplement physique, c’est « la technique la plus mentale au monde".

Le champ d’action de la Technique est pourtant le corps, c’est là que nous voulons intervenir, pour nous réintégrer nous-mêmes. Souvenez-vous que ce qui nous intéresse ici, ce sont les fonctionnements fondamentaux du corps : comment il se coordonne afin de se soutenir, de s'équilibrer et de se mouvoir. Ce sont là les mécanismes du bien-être. La Technique Alexander travaille à ce niveau profond, celui des relations structurelles premières qui sous-tendent toutes les activités de notre corps(1) et déterminent la qualité de tout ce que nous faisons. À ce niveau, le corps fonctionne comme un tout intégré, chaque élément de ce tout trouvant sa place dans une structure dynamique globale. Si nous parvenons à laisser ces mécanismes fonctionner de nouveau convenablement, nous exécuterons mieux et avec plus de facilité tout ce que nous voudrons faire, quel qu’en soit le degré de complexité.

Alexander découvrit comment retrouver ce fonctionnement naturel après une longue période d’auto-observation alors qu’il essayait de résoudre ses problèmes vocaux qui risquaient d’écourter sa carrière d’acteur. Au cours de ses expérimentations, il réalisa que, s’il parvenait à s’empêcher l’usage de son corps que ses habitudes (aussi bien mentales que physiques) lui dictaient – qui lui avaient paru jusqu’alors à ce point normales qu’il ne les avait même jamais remarquées – et s’il pouvait laisser son corps suivre une organisation globale différente, sa voix et sa santé en général s’en trouvaient notablement améliorées. Il découvrit que le corps se coordonnait bien mieux s’il lui était permis (notez le mot permettre), d’une manière particulière, de s’allonger et s’ouvrir vers le haut dans le sens opposé de l’attraction de la gravitation, (nous y reviendrons dans la dernière section "Le Contrôle Premier"). Il réalisa alors que ses difficultés étaient en fait dues à ses propres interférences avec l’organisation naturelle de son corps, et que la meilleure façon d’améliorer son fonctionnement était simplement de supprimer ces obstacles : ses tensions superflues, ses habitudes posturales, sa façon habituelle de réagir (aussi mentalement que physiquement) etc. Il dira plus tard : "Cessez de faire ce qui est mauvais, alors ce qui est bon se fera tout seul."

Il n’est donc pas question, en Technique Alexander, d’ajouter, mais de soustraire, de défaire, de désapprendre. Il n’y a rien à "faire" à proprement parler. Il ne faut que laisser disparaître les entraves. Il faut, donc, cesser de faire ce qu’inconsciemment nous faisions depuis longtemps. Il n’y a pas d’exercices, pas de mouvements particuliers à effectuer, pas de contrôle direct du corps. La Technique rend les rênes au corps et à ses contrôles intrinsèques.

Repenser l’esprit et le corps

L'usage influence le fonctionnement

Alexander réalisa que la manière dont notre corps se comporte reflète la manière dont nous nous en servons; et que cette dernière est elle-même le reflet de la façon dont nous nous représentons soit à nous-mêmes soit à la société, celle-ci déterminée à son tour par nos croyances concernant la conduite humaine, nos choix existentiels.  

La manière dont nous nous servons d’un objet a des conséquences sur son fonctionnement. Si je me sers d’un ciseau pour serrer une vis, je suis mal parti. Un ciseau ne vissera pas efficacement et aura en plus de fortes chances de s’abîmer. Et si, sans le savoir, nous essayions de nous utiliser nous-mêmes d’une façon impropre? Les conséquences ne seraient-elles pas similaires? Notre corps ne parviendrait pas au résultat souhaité et pourrait même s’abîmer. Cela ne pourrait-il pas expliquer pourquoi le corps cesse de fonctionner "au mieux" après quelques années d’utilisation?

Alexander adopta le terme « usage » comme élément de base de sa pensée. Il le définit comme "l’ensemble des fonctionnements qui caractérisent la réponse d’une personne aux stimuli". Il est donc bien question de la totalité de notre manière d’être. L’expérience pratique d’Alexander l’éloigna énormément de la pensée de son temps qui divisait l’organisme humain en compartiments séparés: corps, esprit etc. Il se convainquit qu’il était en fait impossible de séparer ces éléments dans quelque forme d’activité humaine que ce soit.

Corps et Esprit

Le concept d’ "usage" est important car il relie le physique et le mental. Si l’on peut comprendre que notre corps n’est pas un objet, ou une sorte de machine qui se comporte mystérieusement et indépendamment de "nous", et si nous pouvons prendre conscience du fait que nous utilisons constamment notre corps de façon active (même quand il ne bouge pas) en accord avec la façon dont nous pensons inconsciemment devoir nous comporter, nous voyons alors immédiatement le lien direct qui relie le corps et l’esprit.

Alexander écrit: "On traduit tout, que se soit d’ordre physique, mental ou spirituel, en tension musculaire". En d’autres termes, rien de ce que nous faisons ou pensons n’est que physique ou que mental. Ce sont les fils de chaîne et de trame d’une unique étoffe, une totalité "esprit-corps". La façon dont vous utilisez une chose ne se résume pas à sa manipulation physique. Elle dépend, entre autres, de la manière dont vous y pensez, dont vous la ressentez, de votre état de conscience, de l’attention que vous y portez, de vos intentions, de si vous êtes pressés ou non, de votre motivation, de votre humeur, ou même de votre vision globale du monde. L’action physique est donc interpénétrée par tous ces aspects "mentaux".

Perception sensorielle peu fiable

C’est l’expression utilisée par Alexander pour expliquer comment nous pouvons avoir un schéma corporel non fiable sans le savoir. Supposons que notre organisation première ait été perturbée. Comme nous l’avons vu, cela signifie que nous utilisons des mécanismes de compensation non naturels, que notre corps a développé des habitudes contreproductives qui sont devenues partie intégrante de nous-mêmes, au point qu’elles nous paraissent normales (bonnes). Ainsi, ce qui est mauvais semble bon. Nous pouvons utiliser habituellement toute une série de compensations comme, par exemple, tenir la tête toujours inclinée du même côté, ou avoir le cou penché en avant avec la nuque rigide et raccourcie, une épaule plus basse que l’autre, le thorax rigide, la respiration gênée, la colonne vertébrale déviée, le bassin désaxé, les jambes ou le dos travaillant trop pendant que d’autres parties du corps ne sont pas du tout sollicitées, et ainsi de suite ad infinitum. Mais nos sensations ne nous disent rien de tout cela (sinon par le gène d’un symptôme désagréable dont nous ne reconnaissons pas la provenance). Tout semble normal et juste quand bien même il n’en est rien. Nous ne pouvons donc pas nous fier au ressenti, à nos sensations.

Dans cette situation, il sera difficile d’accepter ce qui est vraiment juste pour nous, car cela nous paraîtra à coup sûr non naturel (ou étrange, ou inconfortable, ou désagréable). La conséquence en est que, quel que soit le système que nous choisissons pour améliorer notre fonctionnement, nous suivrons ce qu’inconsciemment nous ressentons comme approprié, et notre façon non naturelle de faire les choses sera incorporée dans nos programmes d’exercices de la même manière qu’elle s’était étendue à nos activités de tous les jours. Les structures dynamiques d'organistaion globale du corps plus profondes n’auront point été corrigées et la base de notre mauvaise utilisation de nous-mêmes demeurera, quoi que nous essaierons de faire en surface. Par conséquent, nous n’aurons rien vraiment changé.
C’est le point de blocage fondamental de toute tentative de changement de ses habitudes. Tous ceux qui l'ont essayé savent combien c’est difficile. Alexander s’attaqua de front à ce problème des habitudes et de l’appréciation sensorielle peu fiable, et après de nombreuses expérimentations il a finalement élaboré une solution qui représente le cœur de l’enseignement de sa Technique.

  

Comment changer ses habitudes

1. Éveil

L’outil principal de la Technique est notre propre conscience. Nous apprenons à être présents à nous-mêmes et au monde qui nous entoure, de façon que nous soyons toujours conscients de la manière dont "nous nous utilisons" dans notre totalité. Nous serons éveillés quand notre habitude de prêter attention sera devenue tellement incorporée qu’elle fera partie intégrante de notre conscience de tous les jours. Pensez à l’état d’éveil que vous acquérez en apprenant à conduire : vous devez d’abord vous appliquer consciemment, mais cela s’incorpore rapidement dans votre "conscience de pilote". Il n’y a pas du tout d’effort.

Si nous voulons nous débarrasser des habitudes qui entravent notre fonctionnement, nous devons forcément en devenir conscients. Mais la Technique Alexander ne se limite pas à nous enseigner tout simplement de noter ce que nous n’avions jamais remarqué avant concernant l’usage de nous-mêmes, elle change la manière dont nous nous pensons nous-mêmes, dont nous pensons notre corps et notre relation avec lui, elle rééduque notre conscience. Le corps cesse d’être un objet que nous essayons de gérer de diverses façons, et devient plutôt partie d'une nouvelle entité, corps et esprit entrelacés.

Le corps n’est pas seulement le "faiseur". Il est aussi la source de toute notre conscience à travers la perception sensorielle. Comme nous l’avons vu au début, nous devons être éveillés à nos sens, puisque les mécanismes naturels du corps se sont développés par l’interaction sensorielle avec notre milieu, et ils fonctionnent moins bien si ce rapport est interrompu. La richesse étonnante du champ d’action de nos sens est souvent oubliée dans notre mode de vie actuel, pressé et essentiellement verbal. Les sens sont le monde du moment présent, de tout ce qui est directement perçu, sans le commentaire filtrant des mots. La vivacité sensorielle est une partie importante de notre héritage et il est dommage de la perdre, d’autant plus que nous fonctionnons mieux si nous parvenons à ne pas être qu’un assemblage de pensées ambulant.

La première condition du changement, quel qu’il soit, est de réaliser que nous en avons besoin. En commençant leurs leçons d’Alexander, les élèves possèdent souvent ce niveau d’éveil basique (pourquoi seraient-ils là, sinon ?) mais sans avoir encore identifié ce qui doit être fait. Même s’ils sont souffrants, s’ils n’obtiennent pas les résultats escomptés, ils ne perçoivent rien de mauvais dans leur façon "d’être au monde". Ils ne peuvent en percevoir que les conséquences : les symptômes ou l’inachèvement. Leur appréciation sensorielle n’est pas seulement défectueuse, elle est presque inexistante.

Ainsi, comme je l’ai dit, nous devons devenir conscients de ce que nous sommes vraiment en train de faire . C’est là le deuxième niveau de l’éveil. On nous demandera alors d’observer comment "nous nous utilisons" dans des situations ordinaires très simples, telles que se tenir debout ou assis, ou des actions aussi simples telles que se lever, s’asseoir ou marcher. Notre attention sera dirigée non seulement vers notre corps tout court : en même temps, nous observerons comment à travers nos sens nous sommes reliés à l’espace et aux stimuli qui nous entourent. Noterons en outre comment nous pensons tout celà. Timothy Gallwey, auteur du classique The Inner Game of Tennis, sur la relation corps-esprit dans les bonnes performances, dit : "Quelle que soit la requête de la personne qui prend une leçon avec moi, la première étape la plus bénéfique m’a toujours paru être de l’encourager à voir et ressentir ce qu’il est en train de faire, c’est à dire de développer sa conscience de ce qui se passe réellement."

La troisième étape de cette rééducation de l’éveil implique d’autres éléments fondamentaux de l’approche Alexander, décrits dans les deux sections suivantes.

2. Inhibition

Le processus de base de la vie est décrit par les psychologues comme une série infinie de stimuli (sensations et impressions perçues de l’extérieur ou de l’intérieur) auxquels nous répondons. Certes, les recherches académiques ont aujourd’hui dépassé la simple théorie "stimulus-réponse" et sont branchées sur la Théorie des Systèmes etc., mais d’un point de vue empirique et pragmatique il paraît évident que nous recevons sans cesse des stimuli de toutes sortes et que nous y réagissons. Nos réactions sont la plupart du temps de l’ordre de l’habitude, de l’automatisme, de l’inconscient. Donc, le problème est que nous réagissons sans penser, trop hâtivement. En voulant faire une chose donnée, notre attention est uniquement fixée sur sa réalisation et non pas sur les moyens que nous utilisons pour y arriver. Par exemple, nous nous sommes assis sur des chaises un nombre incalculable de fois, donc quand nous voulons nous asseoir (quand nous percevons le stimulus qui nous invite à nous asseoir) nous nous asseyons sans y penser. Mais comment cela se produit-il ? Manifestement, une "manière de s’asseoir" mémorisée est activée, qui prend en charge notre mouvement. Nous n’avons pas la moindre idée de comment cela s’est fait. Cela s’applique à des choses bien plus complexes que le simple fait de s’asseoir, y compris à des habitudes mentales.

Supposons que nous voulons changer une réaction habituelle, qui ne représente pas un usage constructif de nous-mêmes, et qui est automatique car la réalisation de cette réponse prend sa source en dessous du niveau de la conscience. Que pouvons-nous faire ? La solution d’Alexander est de créer un espace – un moment neutre – entre le stimulus et sa réponse, de refuser de répondre au stimulus. Il appelle cela "inhibition" (ce qui n’a rien à voir avec l’emploi de ce terme en psychologie). Voici ce que Raymond Dart, célèbre anthropologue, anatomiste, élève d’Alexander, dira, cinquante ans après les découvertes de ce dernier, sur la façon dont le système nerveux obtient de bons résultats: "L’effet général des structures suprasegmentales de notre système nerveux, aussi bien dans le cerveau antérieur que moyen ou postérieur, est de produire la coordination et le contrôle en inhibant [l’italique est de Dart] les activités musculaires inutiles, isolées, et en les combinant en mouvements fonctionnels." On voit, donc, que le principe d’inhibition est bien inscrit dans les processus fondamentaux du corps.

Si l’on y réfléchit, il apparaît que le seul moment où nous pouvons changer quelque chose dans nos vies se trouve dans cet espace. Sinon, nous n’arriverons jamais qu’à faire et à penser ce que nous avons toujours fait et pensé. C’est en ce moment que nous pouvons choisir. C’est l’espace du hic et nunc, de l’ "ici et maintenant". Donc, si nous gardons notre exemple et que nous cherchons à nous rééduquer pour nous asseoir d’une manière plus coordonnée, nous nous arrêterons au moment où il nous vient à l’esprit de nous asseoir, sans nous permettre d’aller plus loin – nous allons nous "inhiber". (Précisons que nous n’allons pas inhiber notre volonté ou notre désir de faire une chose donnée, mais simplement la façon dont nous la faisons habituellement). De cette manière, nous habitons le moment présent et nous pouvons enregistrer ce qui se passe vraiment. Nous faisons place nette, nous créons un état d’ouverture, dans lequel la voie qui s’ouvre n’est pas inévitablement celle que nous avions toujours choisie jusqu’ici. Nous pouvons désormais envisager des alternatives dans l’usage de nous-mêmes et élaborer de nouveaux moyens plus appropriés pour arriver à nos buts (voir la section suivante sur la direction). Mais, en agissant ainsi contrairement à nos habitudes, il y a peu de chances que les nouveaux moyens nous paraissent bons au début, et nous devrons également inhiber nos réactions à cette nouvelle façon d’agir et ne pas écouter ce que nos sensations nous disent: que ça ne fonctionnera pas, que ce n’est pas correct ou « naturel ». Autrement dit, l’inhibition doit être maintenue pendant que nous essayons les nouveaux moyens de nous mouvoir.

Cela requiert toute notre capacité d’éveil et toute notre réceptivité à nos sens. Voilà ce que nous cultivons pendant les leçons de Technique Alexander lorsque nous travaillons sur nous-mêmes. L’inhibition que, dans nos leçons, nous apprenons d’abord dans le contexte des habitudes physiques, commencera à s’étendre jusqu’à inclure nos réactions dans la vie en général. Cela nous donne alors la possibilité d’éviter, dans tout type de situation, les réponses stéréotypés et d’être capables de voir plus souvent le monde avec des yeux nouveaux.

3. Direction

Ces trois éléments, éveil, inhibition et direction sont entrelacés dans la pratique, mais dans l’optique nécessairement séquentielle de cette explication je parlerai de la direction comme suivant la phase préparatoire d’inhibition.

Une fois que nous sommes dans cet état neutre d’inhibition, nous pouvons consciemment choisir (diriger) notre réponse: que voulons-nous et quels moyens voulons-nous utiliser? Notez qu’en fait nous nous dirigeons déjà sans cesse, mais ces directions sont la plupart du temps inconscientes et représentent notre "façon de nous utiliser", c'est à dire, l’ensemble de nos habitudes acquises depuis de nombreuses années et souvent formées depuis notre petite enfance. Si nous avons l’habitude de nous porter, de bouger et de réagir d’une certaine manière, ce n’est pas par hasard. C’est notre manière de répondre aux défis de la vie aussi bien d’ordre psychologique et émotionnel que physique, et nous maintenons activement vivante cette définition de nous-mêmes, mais en dessous du niveau de la conscience. Nous diriger est une nécessité naturelle et constante. Alexander n’a pas inventé la direction, il a juste compris que pour corriger une direction interne erronée nous devons en prendre conscience, tout simplement.

Ainsi, nous allons commencer à nous diriger consciemment, à nous prendre en charge. Mais quelles directions (ou directives mentales) devrions-nous donner? Des directions qui correspondent à la façon dont le corps s’organiserait lui-même librement. Nous n’avons pas besoin de tout organiser par un contrôle musculaire direct. Nous n’en serions de toute façon pas capables, nos tentatives ne produiraient qu’une affreuse parodie de la coordination naturelle, qui s'organise dans sa totalité et de façon bien plus subtile et complexe que ce que notre pauvre conscience peut saisir. Mais ce dont nous avons vraiment besoin, c’est de clarifier réellement nos intentions afin qu’une direction plus appropriée soit enfin donnée au corps ainsi qu’un contre-ordre à l’instruction inconsciente que notre habitude a répétée pendant des années. Si le résultat souhaité n’arrive pas il faut attendre patiemment jusqu’à ce que les conditions nécessaires se soient établies et que le résultat vienne des ressources propres au corps rééduqué.

Il est important de savoir que les commandes motrices d’origine du cerveau (les messages nerveux qui commandent les mouvements), soit conscientes soit inconscientes, n’incluent pas la réalisation des détails des gestes, qui sont gérés par des centres plus en aval du système nerveux et au-delà de la portée de la conscience. Le cerveau n’envoie que l’ordre concernant l’essentiel du mouvement. C’est pourquoi, en Alexander, on parle de "la relation tête-cou", ou de "l’élargissement du dos", plutôt que de se concentrer sur des muscles individuels, ou de penser en termes anatomiques précis. Nous laissons le corps réagir et s’organiser lui-même à sa façon.

Le corps de l’homme est très complexe et contrairement à celui de la plupart des animaux il faut des années avant qu’il soit complètement développé. Cela signifie qu’il y a beaucoup de chances pour qu’il fasse fausse route avant d’arriver à maturité. Bien des choses finiront par être inconsciemment mal dirigées, à tous les niveaux, et auront besoin de rééducation – à travers l’éveil, l’inhibition et la direction consciente. Cela doit prendre place dans le cadre de la coordination dans sa totalité, et selon des principes qui vous paraîtront plus clairs quand vous aurez lu la dernière section sur le Contrôle Premier.

Avec la pratique, la direction consciente permettra de restaurer de meilleurs schémas de coordination et cela deviendra finalement une "seconde nature". Ce bon fonctionnement (que nous ressenterons dans la légèreté, la liberté, la tonicité et la facilité du mouvement ainsi que dans notre psychisme) contribuera à une nouvelle sensation de bien-être. Et cette fois, nous pouvons nous fier à nos sensations, car elles reflètent une bonne utilisation de nous-mêmes. Grâce à l’éveil que nous avons acquis, nous serons à même de sentir immédiatement si quelque chose ne va pas. Nous pouvons également choisir, à n’importe quel moment, d’utiliser le corps comme nous le voulons – même "mal" – par jeu, par caprice, pour la simple joie d’explorer les possibilités infinies que le corps nous offre, ou même par nécessité: imaginez devoir jouer Le Bossu de Notre Dame ! Cela ne poserait pas de problème, puisqu’à travers la Technique nous pouvons consciemment élaborer les moyens les plus appropriés de représenter le bossu sans nous surcharger ou nous abîmer le corps à chaque représentation.

Quoiqu’il en soit, comme il apparaît clairement maintenant, le bon usage ne signifie pas une série de positions correctes ou une façon fixe de faire les choses. Le bon usage du corps implique de laisser les mécanismes naturels du corps nous organiser.

4. Non-faire

Il s’agit d’avantage d’une conséquence logique que d’une qualité supplémentaire. Si nous possédons des mécanismes innés pour un bon fonctionnement, nous n’avons pas besoin de les "mettre en action". Il nous suffit de les laisser opérer. Ainsi, un des principes que nous apprenons avec la Technique Alexander est de ne pas "faire" une action mais de la laisser "se faire". Autrement dit, nous n'allons pas passer des commandes directes à nos muscles: "Redresse ta colonne", "Respire en bas en poussant jusqu'au périnée", "Ouvre tes épaules". L’énergie nécessaire et l’action elle-même jailliront directement de nos intentions. En fait, nous agissons déjà ainsi quand nous n’interférons pas. Nous ne "faisons" pas l’action de marcher par exemple. Et si, en allant à mon arrêt de bus je vois que je suis sur le point de le rater et je me mets à courir, je ne "fais" pas l’action de courir non plus. Cela se produit, simplement. L’énergie cinétique nécessaire, emmagasinée dans les muscles, est libérée lorsque le corps exécute fidèlement les intentions de mon esprit.

Peu de gens réalisent que, en ce qui concerne le corps, nous ne devons pas "trouver" l’énergie quelque part, mais quelle attend d’être utilisée (à moins que nous ne soyons malades ou ne souffrions d’un dysfonctionnement). Pensez à ces situations d’urgence où le corps se met subitement en action, si vite que l’esprit n’a pas le temps de le réaliser. Ou supposons que vous soyez au plus mal sans aucune énergie et que je vous donne un chèque d’un million d’euros. N’avez-vous toujours aucune énergie? D’où est-elle venue?

Il est important de comprendre que le non-faire ne veut pas dire "ne rien faire", loin de là. Cela signifie être conscient, éveillé, avoir le corps et l’esprit connectés, affiner nos intentions, engager notre énergie mentale, notre motivation, et ensuite faire confiance au corps qu'il fasse son travail. Cela donne à nos actions le flux naturel qui devient possible seulement quand on laisse le corps effectuer la synthèse de toutes les choses infimes que le moindre de nos gestes implique, et quand nous cessons de tenter d’imposer nous-mêmes tout contrôle musculaire.

Le non-faire a des implications nombreuses. Cela offre un moyen différent de parvenir aux résultats désirés, ce qui requiert une configuration mentale nouvelle. Cela a trait à la notion de "s’efforcer d’arriver à un but". Cela à aussi à voir avec nos relations avec nous-mêmes et avec le monde exérieur, et implique que nous n’agissions pas directement et unilatéralement sur les choses ou les gens, mais que nous créions d’abord un rapport entre nous et eux pour voir quelle pourrait être la réaction appropriée. L’ouverture d’un pot de confiture peut en être un exemple très banal. Si pour le dévisser je fonce tête baissée, en utilisant la force directement, trois choses peuvent se produire. Je peux parvenir à l’ouvrir mais je ne saurai jamais si j’ai utilisé trop de force, et je peux même me faire mal ou abîmer le pot; je peux réaliser, à ma grande surprise, que le couvercle n’était pas serré du tout et que mon effort anticipé n’avait aucune utilité; ou enfin je peux ne pas y arriver, quand bien même j’y emploie toute ma force. Par contre, si je prends le pot doucement dans mes mains et commence avec le minimum d’effort, en conservant mes mains bien souples, le pot lui-même dira à mes mains, en attente de sa réponse, son niveau de serrage, et je trouverai progressivement le niveau de force nécessaire à l’ouverture. Il y aura eu une relation réciproque. Si vous essayez, vous serez surpris de voir qu’un pot qui paraissait impossible à ouvrir avec toute votre force peut céder presque immédiatement avec un effort moyen, comme si l’approche agressive l’avait contracté alors que l’approche douce et relationnelle le relâche. Si cela vous paraît tiré par les cheveux, c’est que vous n’avez jamais essayé. Cet exemple illustre un modèle qui s’applique à des questions bien plus importantes.

Dans un autre contexte, le non-faire est bien connu en dehors de la Technique Alexander : les sportifs appellent cela "être dans la zone": cet état dans lequel nous avons la plus grande disponibilité de nos ressources personnelles et la capacité d’agir depuis un espace lucide, calme et concentré à l’intérieur de nous-mêmes, quand tout semble couler naturellement, sans aucune intervention de notre part (Timothy Gallwey, cité plus haut, étudie cela en détail). La Technique Alexander nous aide à vivre cette harmonie dans notre vie de tous les jours. Le non-faire est aussi présent dans de nombreuses approches spirituelles. On le trouve, par exemple, dans la pensée de Jiddu Krishnamurti, mais aussi dans le concept chinois du Wu Wei (précisément "le non-faire").

Coordination naturelle – le Contrôle Premier

Nous en arrivons enfin à ce qui rassemble le tout . Sur des millions d’années, notre corps a élaboré des modèles et des schémas de comportement neuromusculaire et sensoriel aptes à optimiser notre manière "d’être au monde" : les mécanismes du bien-être. Parmi tous ces modèles, un en particulier est absolument primordial: la relation dynamique entre la tête et le cou (dynamique signifie ici non-fixe, toujours libre de s’adapter). Le fonctionnement optimal de notre organisme dans son entier dépend: 1) de la façon dont s’est organisée cette relation(2) (plus précisément à l’articulation atlanto-occipitale dont le petit mouvement antero-postérieur doit être laissé disponible); et 2) de la relation entre l'ensemble tête-cou et le reste du corps(3). Cette relation détermine le comportement de tous les domaines de notre fonctionnement. C’est pourquoi Alexander l’a nommé le Contrôle Premier. Cela signifie que, quoi que je veuille faire – m’asseoir, me brosser les dents, jouer du violon, lancer le disque, travailler sur un ordinateur, regarder la télévision, ou tout bonnement être,  – mon rapport tête-cou-corps est le facteur vital qui va déterminer la qualité de tout ce que je fais et de tout ce que je suis (ma façon d’être au monde): contracté, raidi, affaissé, maladroit, ou libre, souple, tonique, gracieux.

Alexander a découvert cette relation tête-cou-corps alors qu’il essayait de "s’utiliser" de différentes manières, pour tenter de résoudre les troubles vocaux qui menaçaient de couper court à sa carrière d’acteur. Il a réalisé que quand il parvenait à libérer cette relation de toute interférence – ce qui lui a fallu le développement de toutes les procédures que je viens d’expliquer dans les sections précédentes – ce facteur déterminant opérait de façon libératrice dans tous les domaines de son fonctionnement. Ainsi a-t-il résolu ses problèmes vocaux et amélioré l’état général de sa santé. Si, par contre, il ne s’utilisait pas de cette manière, son fonctionnement se détériorait. Il pensa dans un premier temps que ce mauvais usage qu’il avait fait de lui-même (et dont il avait souffert depuis toujours) était particulier à son cas, mais en regardant autour de lui, il vit que quasiment tout le monde présentait une variation ou une autre d’usage inadéquat. Le critère tête-cou-corps qu’il avait identifié le lui montra clairement. Il réalisa qu’il venait de trouver la clé du bien-être général, pas seulement pour lui, mais pour tout un chacun.

L’importance de la relation tête-cou-corps, et la façon dont elle influence notre usage, notre manière d’être au monde, ne peuvent être appréciées qu’en pratique. Aucune explication ne peut remplacer cela. Je ne tenterai donc pas d’expliquer ici l’enseignement spécifique que vous recevrez dans les leçons d’Alexander. Mais on peut essayer de décrire le mecanisme du Contrôle Premier lui-même.

Si cette dynamique tête-cou-corps fonctionne librement, de la manière dont la nature l’a prévu, le corps s'aligne verticalement pour contrebalancer parfaitement la force de gravité (encore une fois, dynamique signifie non-statique, toujours libre de s’adapter). La tête est placée sur l'atlas au sommet de la colonne vertébrale (charnière atlanto-occipitale) de façon à ce que, la jointure entre les deux étant libre et non fixe (bonne relation tête-cou), la tête exerce une traction vers le haut dans le sens opposé à celle de la gravité et invite le corps à s’allonger et à s’ouvrir (bonne relation tête-cou-corps). La gravité cherche toujours à nous comprimer, à nous tirer vers le bas, mais dans les conditions de liberté décrites ci-dessus le réflexe anti-gravitationnel est stimulé et nous verticalise, nous allonge vers le haut. Ce mouvement antagoniste est un exemple d'une synergie qui, par définition, est indivisible et ne requiert aucun effort: la compression de la gravité provoque directement la contre-force. Ce réflexe postural, donc, nous réintègre, mais si nous le perdons en alterant l'état du mecanisme du Contrôle Premier, ça nous rend la vie bien difficile.

Dans tout cela il faut respecter une séquence précise. Dans les mots de Rudolph Magnus, célèbre physiologiste du siècle passé: "Le tout est organisé de façon à ce que la tête guide et le corps suive". Donc, si on essaie de corriger quoi que se soit sans d’abord avoir obtenu cette liberté de la tête et sa relation avec le reste du corps, on ne parviendra jamais à une coordination intégrée et naturelle du corps. Alexander est arrivé empiriquement, avant 1900, à comprendre tout cela, la science beaucoup plus tard par ses recherches physiologiques et neurologiques.

Dans l’état libre (le corps "au naturel") les réflexes posturaux opèrent pour intégrer et organiser un fonctionnement musculaire (3) approprié (synergique) à travers le corps dans son entier. Le squelette parvient à son expansion optimale et à son alignement vertical idéal, créant ainsi des extensions par des réflexes dans les muscles posturaux. Cela les tonifie, un peu comme des élastiques étirés, de manière à ce que leur interaction à travers le réseau global soutienne le corps facilement et efficacement sans fixer quoi que se soit : il est prêt à l’action. Le corps – explique Sir Charles Sherrington, fondateur de la physiologie moderne – reste debout exclusivement par cette série complexe de réflexes d’étirement. De ce fait, les muscles n’ont pas besoin de se raidir pour assurer la stabilité du corps, et il y a donc une moindre résistance au mouvement. Dans le mouvement, cette même relation garantit un équilibre des masses du corps de sorte qu’une fois encore les muscles soient suffisamment toniques sans être trop contractés. Lorsque nous devons réaliser une tâche difficile, cette prédisposition équilibrée et souple nous donne les meilleures chances d'y réussir. En outre, il y a moins de risque de dégâts ou de blessures. En même temps, tout l’équipement sensoriel situé dans notre tête est entraîné dans la relation appropriée avec le reste de notre corps, avec la force de gravité et avec le monde extérieur – condition nécessaire au bon fonctionnement des sens et à la possibilité d'en recevoir des informations fiables au niveau conscient. Un fait scientifique peu connu, mais de portée profonde.

La science a depuis longtemps corroboré les découvertes d’Alexander, mais ce savoir est resté caché dans les coins obscurs et théoriques de la recherche analytique. Alexander fut le seul à mettre au point une méthode pratique qui offrait aux gens le bénéfice de ces connaissances, afin qu’ils améliorent eux-mêmes leur bien-être.

 

1  Par souci de simplicité je parle dans ce texte du système musculaire ou neuromusculaire. En effet, depuis un certain temps les anatomistes ont découvert que le réseau des fascias (tous les tissus connectifs) est celui qui représente le vrai support, la vraie architecture du corps. Il s'agit d'un vaste système, une toile inextricable qui a la fonction de connecter et en même temps garder séparées toutes les unités fonctionnelles du corps, depuis les ligaments et les tendons, en passant par les gaines des muscles et des organes, jusqu'à la cellule individuelle. Il sert comme conteneur et support pour le corps entier. Cette matrice vivante serait aussi le véhicule de la communication entre les cellules. Un lien utile : http://www.anatomytrains.com/explore/tensegrity   Il est aussi fort probable que les principes de la "tensegrity" décrits ailleurs dans le site de ce lien puissent fournir la meilleure explication de l'architecture et du fonctionnement des structures du corps. L'évolution de notre savoir accélère!

Il est devenu évident que la subtilité du travail Alexander aurait affaire en réalité avec ce système des fascias, beaucoup plus vaste et plus profond que celui des muscles seuls, et duquel les muscles dépendent pour leur forme et leur efficacité. Également, l'effet de légèreté ressenti par ceux qui se libèrent par la Technique Alexander pourrait bien être dû au retour au bon fonctionnement de l'architecture dynamique "tensegrity", plutôt qu'aux classiques explications.

2 “La technique proposé par Alexander est appropriée parce que fondée sur le fait biologique fondamental que la relation entre la tête et le cou est la relation première à être établie dans tout positionnement et mouvement du corps”: Raymond Dart, célèbre anthropologue et anatomiste, celui qui a découvert "le chaînon manquant" Australopithecus. En fait, depuis Magnus dans les années 1920 jusqu’aux experts de nos jours tel que le Prof. T. D. M. Roberts, la science ne cesse de confirmer cette découverte d’Alexander.

3 Benoît Lesage, pour compte de la faculté de médecine de l’Hôpital la Pitié-Salpêtrière, écrit, dans son exposé sur la psychomotricité : "Matthias Alexander…découvrit … ce qu’il nomma "le contrôle primaire", c'est-à-dire la relation dynamique entre les positions de la tête, du cou et du dos. Cette découverte intuitive…est aujourd’hui confirmée par les psychophysiologistes. Nous savons en effet que la nuque et particulièrement la charnière occipito-atloïdienne contrôlent le schéma postural par des boucles réflexes [italiques de M.K] qu’a étudiées le Pr. J-B Baron (Eléments de neurobiologie des comportements moteurs, Paris, INSEP-Publications, 1982) ".